{"id":402,"date":"2026-05-22T17:06:25","date_gmt":"2026-05-22T15:06:25","guid":{"rendered":"https:\/\/kos-avocats.fr\/ameliecoeurbattantcorpspatient\/?p=402"},"modified":"2026-05-22T17:34:27","modified_gmt":"2026-05-22T15:34:27","slug":"la-resilience-faut-il-vraiment-shabituer-a-linsupportable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kos-avocats.fr\/ameliecoeurbattantcorpspatient\/2026\/05\/22\/la-resilience-faut-il-vraiment-shabituer-a-linsupportable\/","title":{"rendered":"La r\u00e9silience : faut-il vraiment s\u2019habituer \u00e0 l\u2019insupportable ?"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab\u00a0R\u00e9silience\u00a0\u00bb. Le mot est partout. On nous en parle dans les m\u00e9dias, dans les conf\u00e9rences, dans les r\u00e9unions de travail, dans les d\u00eeners amicaux.&nbsp;<em>Soyez r\u00e9silient.<\/em>&nbsp;Comme si c\u2019\u00e9tait une vertu universelle, une obligation morale, une fin en soi.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais que recouvre r\u00e9ellement cette injonction \u00e0 la r\u00e9silience ? Et \u00e0 quel prix doit-on \u00ab tenir \u00bb quand on est malade, quand on souffre, quand on se heurte jour apr\u00e8s jour \u00e0 des syst\u00e8mes rigides, indiff\u00e9rents, parfois violents ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9silience : un mot pi\u00e9g\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9silience, dans son acception psychologique, d\u00e9signe la capacit\u00e9 d\u2019un individu \u00e0 surmonter un traumatisme ou une \u00e9preuve. En soi, c\u2019est une force. Une ressource int\u00e9rieure, souvent insoup\u00e7onn\u00e9e, qui permet de continuer \u00e0 vivre malgr\u00e9 les coups re\u00e7us.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais aujourd\u2019hui, le terme a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, d\u00e9form\u00e9. On en a fait un mot d\u2019ordre. Une formule magique cens\u00e9e nous faire taire. R\u00e9silient, donc silencieux. R\u00e9silient, donc docile. R\u00e9silient, donc&nbsp;<em>adapt\u00e9 \u00e0 tout<\/em>, m\u00eame \u00e0 ce qui ne devrait jamais l\u2019\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le pi\u00e8ge de l\u2019acceptation sans limite<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019on est malade, on apprend vite \u00e0 s\u2019adapter : aux douleurs, aux examens r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, parfois intrusifs, aux attentes interminables \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, aux lenteurs administratives (des MDPH, CPAM&#8230;.), aux injustices aussi (du public ou du priv\u00e9). On devient&nbsp;<em>habitu\u00e9<\/em>. Et parfois, \u00e0 force,&nbsp;<em>r\u00e9sign\u00e9<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais est-ce cela, la r\u00e9silience ? Apprendre \u00e0 ne plus s\u2019indigner ? \u00c0 ne plus se plaindre ? \u00c0 tout encaisser sans broncher ?<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut le dire clairement : non. La r\u00e9silience ne doit pas \u00eatre une assignation \u00e0 la passivit\u00e9 sans fin. Elle ne consiste pas \u00e0 se fondre dans la douleur ou \u00e0 s\u2019y accoutumer au point de la normaliser. Ce n\u2019est pas sain. Ce n\u2019est pas juste. Et ce n\u2019est pas viable, du moins sur du long terme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9sister, aussi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00catre r\u00e9silient, c\u2019est parfois se relever. Mais c\u2019est aussi, souvent, r\u00e9sister. Dire non. Poser ses limites. R\u00e9clamer une prise en charge digne, rapide, efficace. Se battre pour ses droits. Pleurer, crier, \u00e9crire, d\u00e9noncer. Ce n\u2019est pas l\u2019inverse de la r\u00e9silience : c\u2019en est tout au contraire une forme essentielle.<\/p>\n\n\n\n<p>Refuser l\u2019insupportable, ce n\u2019est pas manquer de courage. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment faire preuve de lucidit\u00e9. De respect de soi. De respect de la justice.&nbsp; Et parfois, ce refus est justement ce qui nous permet de tenir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et si on changeait de regard ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au lieu de dire \u00e0 un malade&nbsp;<em>\u00ab c&rsquo;est bien vous \u00eates r\u00e9silient \u00bb<\/em>, commen\u00e7ons par lui demander plut\u00f4t&nbsp;<em>\u00ab de quoi avez-vous besoin en ce moment ? \u00bb<\/em><br>Au lieu de l\u2019admirer pour sa force passive et silencieuse, reconnaissons sa lutte active quotidienne et aidons-le.<br>Et s\u2019il se plaint, \u00e9coutons-le. Parce que se plaindre, c\u2019est vivre. Et se souvenir que l\u2019on m\u00e9rite mieux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0R\u00e9silience\u00a0\u00bb. Le mot est partout. On nous en parle dans les m\u00e9dias, dans les conf\u00e9rences, dans les r\u00e9unions de travail, dans les d\u00eeners amicaux.&nbsp;Soyez r\u00e9silient.&nbsp;Comme si c\u2019\u00e9tait une vertu universelle, une obligation morale, une fin en soi. Mais que recouvre r\u00e9ellement cette injonction \u00e0 la r\u00e9silience ? Et \u00e0 quel prix doit-on \u00ab tenir \u00bb quand on est malade, quand on souffre, quand on se heurte jour apr\u00e8s jour \u00e0 des syst\u00e8mes rigides, indiff\u00e9rents, parfois violents ? R\u00e9silience : un mot pi\u00e9g\u00e9 La r\u00e9silience, dans son acception psychologique, d\u00e9signe la capacit\u00e9 d\u2019un individu \u00e0 surmonter un traumatisme ou une \u00e9preuve. En soi, c\u2019est une force. Une ressource int\u00e9rieure, souvent insoup\u00e7onn\u00e9e, qui permet de continuer \u00e0 vivre malgr\u00e9 les coups re\u00e7us. Mais aujourd\u2019hui, le terme a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, d\u00e9form\u00e9. On en a fait un mot d\u2019ordre. Une formule magique cens\u00e9e nous faire taire. R\u00e9silient, donc silencieux. R\u00e9silient, donc docile. R\u00e9silient, donc&nbsp;adapt\u00e9 \u00e0 tout, m\u00eame \u00e0 ce qui ne devrait jamais l\u2019\u00eatre. Le pi\u00e8ge de l\u2019acceptation sans limite Lorsqu\u2019on est malade, on apprend vite \u00e0 s\u2019adapter : aux douleurs, aux examens r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, parfois intrusifs, aux attentes interminables \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, aux lenteurs administratives (des MDPH, CPAM&#8230;.), aux injustices aussi (du public ou du priv\u00e9). On devient&nbsp;habitu\u00e9. Et parfois, \u00e0 force,&nbsp;r\u00e9sign\u00e9. Mais est-ce cela, la r\u00e9silience ? 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